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Recertification B Corp : ancrer la mission dans la gouvernance

9 mars 2026
Recertification B corp : interview de Margaux Grisard

Le “B” comme progression continue

Chaque année, le Mois B Corp s’articule autour d’un thème spécifique. Cette édition met à l’honneur le “B” de B Corp, symbole d’une démarche d’amélioration continue.

Chez map & match, B Corp s’inscrit directement dans la mission de l’entreprise : transformer les organisations du travail en plaçant le plaisir des collaborateurs au cœur de la performance individuelle et collective.

Cette conviction repose sur l’idée que la performance durable passe par des environnements où chacun peut trouver du sens et de l’énergie dans ses missions.

Elle se traduit également dans les statuts de l’entreprise, qui affirment la volonté de map & match de générer un impact social, sociétal et environnemental positif et significatif, en prenant en compte les conséquences de ses décisions sur ses parties prenantes et sur l’environnement.

Dans ce contexte, la recertification B Corp ne remet pas en cause ces convictions fondatrices. Avec l’entrée en vigueur des nouveaux standards de B Lab, elle ouvre plutôt une nouvelle phase : structurer davantage les mécanismes de gouvernance et de décision afin d’intégrer pleinement l’”impact” dans la stratégie.

Dans cet article, Margaux Grisard, CEO de map & match, en présente les principaux enjeux en matière de gouvernance et de pilotage.

Quand la mission cesse d’être déclarative

Pendant longtemps, la mission d’une entreprise pouvait être portée par la culture, les convictions de ses dirigeants et des pratiques internes cohérentes.

La recertification B Corp sur les nouveaux standards introduisent une exigence supplémentaire : démontrer comment cette mission se traduit dans des mécanismes formalisés.

Cela implique notamment :

  • la formalisation de politiques publiques (droits humains, lobbying responsable, communication responsable) ;
  • l’identification de responsabilités clairement attribuées ;
  • la mise en place de procédures de suivi ;
  • la documentation des décisions prises.

Chez map & match, cette évolution ne consiste pas à inventer de nouveaux engagements, mais conduit à les organiser et à les structurer davantage.

« Nous avons toujours porté ces sujets avec conviction. Les nouveaux standards nous demandent désormais de les formaliser et de les rendre visibles publiquement. »

La mission cesse ainsi d’être uniquement portée par la culture interne et devient un critère intégré aux décisions stratégiques.

Décider autrement : intégrer l’impact dans la stratégie

La transformation la plus significative de cette recertification B Corp concerne la manière dont les décisions sont prises et suivies.

Les nouveaux standards imposent des dispositifs précis :

  • l’impact social et environnemental doit être inscrit dans les revues stratégiques ;
  • une procédure de réclamation accessible publiquement doit être mise en place, avec un responsable identifié et un suivi formalisé ;
  • des critères liés aux droits humains, à l’équité et à l’environnement sont intégrés à l’analyse des projets, des partenariats et des décisions d’achat ;
  • la direction supervise le déploiement de la raison d’être et le suivi des engagements associés.

L’enjeu pour map & match est désormais d’en organiser la mise en œuvre.

« Notre mission est claire : transformer les organisations du travail en plaçant le plaisir des collaborateurs au cœur de la performance. C’est déjà un principe qui guide notre stratégie. Les nouveaux standards B Corp nous amènent à regarder aussi plus systématiquement les impacts sociétaux et environnementaux de nos décisions. »

Aujourd’hui, une décision importante doit être examinée autant au regard de ses perspectives de croissance ou de rentabilité qu’en fonction de critères tels que la cohérence avec la raison d’être, les impacts humains potentiels, les implications environnementales et les effets sur l’équité interne.

« Le respect des droits humains, l’équité salariale ou le suivi de notre plan climatique sont dorénavant intégrés à nos indicateurs de pilotage, au même titre que les indicateurs financiers. »

Cette approche demande davantage de préparation et de traçabilité. Elle modifie les critères d’arbitrage et peut allonger certains processus décisionnels. Elle permet également d’identifier plus tôt les incohérences potentielles.

Dans un environnement où la cohérence et la transparence deviennent des critères de confiance, cette structuration renforce la solidité des décisions.

Structurer sans complexifier : trouver le bon niveau de formalisation

La recertification B Corp sur les nouveaux standards introduisent un niveau de formalisation plus élevé. Cela concerne notamment :

  • la transparence sur la détermination des salaires ;
  • la mise en œuvre d’actions concrètes en matière de justice, équité, diversité et inclusion ;
  • la formalisation des contrats et des avantages ;
  • la publication d’engagements et le suivi de leur progression ;
  • la mise en conformité des outils et supports avec des critères d’accessibilité.

Pour une entreprise en croissance, cette évolution implique un travail d’organisation supplémentaire.

L’enjeu n’est pas d’accumuler des règles, mais de définir clairement les principes et les critères qui guident les décisions.

« Introduire davantage de structuration demande un effort. Mais cela limite les zones d’interprétation et rend les décisions plus alignées. »

Par exemple, la transparence sur la détermination des rémunérations et la formalisation de pratiques d’embauche inclusive, réduisent les zones d’interprétation et assurent une réelle conformité entre les engagements formulés et leur mise en œuvre.

« La certification crée un cadre d’exigence qui oblige à identifier les écarts et à les traiter. »

La progression continue repose sur cette capacité d’ajustement.

Du cadre à la discipline : le “B” comme progression exigeante

La recertification B Corp conduit à approfondir les engagements que nous avons structurés mais surtout à renforcer leur mise en œuvre.

Pour map & match, cela implique notamment :

  • d’évaluer plus systématiquement les impacts humains et environnementaux liés aux projets et aux partenaires ;
  • de formaliser un engagement public en matière de droits humains ;
  • de structurer un plan d’action climatique accessible ;
  • de renforcer le suivi des indicateurs environnementaux ;
  • d’intégrer davantage les parties prenantes dans certains processus de décision.

Cette phase met en lumière des marges de progression.

« Une culture forte ne suffit pas. Les nouveaux standards exigent des politiques formalisées, des indicateurs suivis et des engagements rendus publics. Cela demande plus de rigueur, mais cela construit aussi plus de crédibilité. »

La recertification B Corp comme levier de transformation durable

La recertification B Corp marque un moment de clarification stratégique.

Les nouveaux standards obligent à structurer des engagements déjà présents et les intégrer dans des mécanismes durables, à documenter ce qui relevait de l’intuition et à intégrer l’impact dans les mécanismes de décision. Ce travail demande du temps, des arbitrages et une implication directe de la direction.

Pour map & match, cette phase ne marque pas un aboutissement, mais un approfondissement. Elle conduit à intégrer pleinement les enjeux liés aux droits humains, à l’équité interne, à l’action climatique et à l’implication des parties prenantes dans la conduite même du développement de l’entreprise.

« Une entreprise engagée n’est pas une entreprise parfaite. C’est une entreprise qui accepte d’être évaluée et améliorée en continu. »

Le “B” devient ainsi un cadre structurant : celui d’une entreprise qui inscrit sa responsabilité au cœur de sa gouvernance.

Pour en savoir plus : https://mapandmatch.com/

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